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Récupérer l’énergie perdue des datacenters : mythe ou réalité ?

Le 07 07 2017

Les technologies numériques telles que le « cloud », l’Internet des objets (IoT), le big data, l’e-commerce, les plates-formes sociales, nécessitent des infrastructures de traitement et de stockage de plus en plus nombreuses et de plus en plus énergivores. Et comme la plus grande partie de cette énergie est rejetée dans l’atmosphère sous forme de chaleur, il faut bien se poser la question de sa récupération/utilisation. Des réalisations existent et de nouveaux projets et solutions techniques se développent... (lire la suite de l'article sur le site de Filière 3E)

AVIS D’EXPERT - Matthieu Calès, directeur de l’activité Datacenter de Cap Ingelec

« Pour cette récupération, il n’y a pas de solution préconçue qui serait la meilleure, il faut étudier les possibilités techniques sans a priori. »

La plupart des clients nous demandent d’envisager une solution de récupération de chaleur lors des études d’un nouveau datacenter. Nous les prévenons alors que cela demande des solutions techniques spécifiques comme un récupérateur de chaleur, et nous ne proposons spontanément cette récupération que si, dans son environnement, il y a des utilisateurs potentiels (piscine, serres agricoles, réseau de chaleur…). Pour l’utilisation du chauffage de bureaux voisins, il y a une problématique d’échelle avec les bâtiments modernes qui consomment peu et de saisonnalité avec une utilisation de cette chaleur 6 mois par an alors que l’on fait des investissements techniques importants qui doivent être rentabilisés. Une étude de faisabilité va être faite pour comparer avec des solutions de forte réduction de cette chaleur fatale comme le free cooling.

Si l’on veut récupérer ces calories, il y a des solutions techniques au niveau d’un groupe  de production d’eau glacée : on peut envoyer de l’eau à moins de 50° dans le réseau de chaleur. Mais, du fait des surcoûts, il faut vérifier qu’ils sont compensés par la vente de cette énergie. Cette eau à moins de 50° peut être utilisée dans des bâtiments bien isolés, sinon il faut remonter la température par des pompes à chaleur (PAC).

Parmi les freins, le free cooling  tue souvent la récupération sur eau. Et les exploitants n’aiment pas toujours être liés par des contrats de revente et préfèrent avoir un bon PUE plutôt que d’investir davantage pour revendre de l’énergie. Une autre solution est de récupérer l’air chaud qui sort du datacenter pour des utilisations proches, éventuellement en ajoutant une PAC air/eau : cas d’un petit datacenter chauffant des bureaux voisins importants.

Ainsi les freins à la récupération sont économiques du fait du surcoût des installations de climatisation (groupes froid plus chers) qui consomment plus, ce qui nécessite une source de revenus constante. Les pouvoirs publics peuvent aussi inciter des services publics, universités, centres de recherche, à faire cette récupération.

Source :par Filière 3e - Jean-Paul Beaudet